VENTE DE FLEURS ET DE PLANTES À DAKAR



Un métier fleurissant à la corniche ouest de Mermoz

À quelques encablures du musée Léopold Sédar Senghor de Dakar, une vaste surface d’espace vert est aménagée par des jardiniers. Cette activité à caractère mercantile attire de plus en plus de la clientèle. Immersion dans ce lieu merveilleux de Dakar par Malang Doudou MANE

Le coucher du soleil annonce la fin d’une journée laborieuse dans la capitale Sénégalaise. Ce lundi, à l’heure où le soleil descend à l’horizon, un vent frais mélangé à l’odeur nauséabonde de la mer souffle sur la


corniche ouest de Mermoz. L’atmosphère est morose. Il est quasi difficile de respirer de l’air angélique. À un jet de pierre d’une large étendue de surface aménagée de fleurs et de plantes, la statue de Léopold Sédar Senghor assise sur une chaise de fortune couverte de poussière, fait face au musée. Dans cet espace vert, la plupart des fleurs sont mis dans de grands pots embellis. Le métier de jardinier n’est pas du tout repos. Il faut de l’expérience, mais également de la patience témoignent les acteurs du secteur.

Jean Noel Sène est jardinier. Cet après-midi, il arrose un tas de compost (paille de filao, fumier de cheval et d’engrais). « L’arrosage du compost dure une semaine avant de le mettre sous le pied des plantes. On achète le chargement de compost à 60000f au Lac rose ou à Malika » informe Jean Noël Sène.

Monsieur Sène est un homme du sérail. Compte tenu de l’importance du travail, il a recruté six jeunes qui l’assistent dans ses services moyennant 35000F chacun par mois. « Le métier de jardinier demande beaucoup d’expérience. Il faut le pratiquer. Ce n’est pas un métier facile. Ça prend beaucoup de temps. On arrose une seule fois dans la journée. Nous préférons arroser les après-midis parce que le sol est humide » illustre -t-il.

        Une fleur s’entretient comme une belle femme

 S’il n’y a pas de nature, il n’y a pas de vie. Les fleurs font partie de la vie de Jean Noèl Sène.  Sous le pied de ses plantes l’herbe est presque invisible. L’endroit est propre et splendide. Il attire les passants. On y trouve du Proton, du laurier et d’autres fleurs : « Le prix des fleurs varient entre 2000 f ou 5000 f. J’ai investi plus d’un million. On vend les plantes et fleurs en fonction de leur taille. Dieu merci on ne se plaint pas ».

Djiby Sène un jeune adolescent est originaire de la ville de Fatick. C’est une localité située à 113 kilomètres de Dakar. L’homme est habillé de « body » fleurette assorti d’un Jean délavé. Djib’s comme l’appellent familièrement ses camarades, a abandonné les études en classe de CM2. L’homme pratique le métier de jardinier avec beaucoup d’enthousiasme. Il arrache quotidiennement les herbes disgracieuses dans le sol autours des fleurs (grinta, focus, alovera, Cactus, hibiscus, baobab, palmier, cocotier). « Depuis mon enfance, j’ai aimé les fleurs. Peut-être c’est Dieu qui la voulu ainsi » grommèle - t-il.

 A l’image de Djiby, Moussa Diouf aussi vient de Fatick. Ils officient chez le même patron comme saisonnier. « Je travaille ici depuis 2019. Il n’y a pas de perte dans la vente de fleurs. Si les clients sont rares, on procède à la vente aux enchères » lâche -t-il avec un rire éclatant.

Farez, un Architect Franco Tunisien et son ami Marcel accompagnés de Tunis (leur chien avec des poils longs.) sont venus acheter des fleurs à bouquets.

« C’est important d’avoir des plantes chez soi. Ça donne vie à une maison, ça donne des couleurs, ça donne des énergies positives. Je l’ai payé à 5000f. Nous sommes à Dakar c’est une ville extrêmement polluée où il y a de plus en plus de monde » précise Farez.

             Les fleurs c’est la nature, c’est le beau

A la corniche ouest de Mermoz, le commerce des fleurs et de plantes est un moyen de subsistance. Le passant est attiré par les végétaux qui dégagent une odeur parfumée. « En ces temps qui courent, la chaleur s’empare de la capitale sénégalaise. Les populations ont besoin des lieux qui sont très fleuris, très verts qui dégagent de la fraicheur martèle » déclare Marcel.

 Dans ces lieux, ce ne sont pas seulement, des étrangers qui viennent s’y approvisionner.

« Il y a beaucoup d’autorités qui viennent acheter des fleurs et des plantes. Je les connais pas toutes. Mais Pierre Atépa Goudiaby lui vient souvent acheter des plantes » dit- Moussa Diouf.

Wouda, un Franco- libanais habillé de short et de teeshirt, cheveux crépus, il a l’air très actif. Il est en compagnie de son épouse. L’homme a une philosophie très positive de la vie. « J’ai un cœur d’avoir 29 ans. L’âge est à l’intérieur. Il est dans le physique. Il faut rester jeune dans la vie ». Son épouse de taille courte porte en bandoulière un sac en cuire, ses lunettes bien ajustées sur le visage. Elle vient d’acheter des plantes à 5000 F.

 « S’il n’y a pas de plante, il n’y a pas de vie. Une maison sans fleurs, sans rose c’est sans vie. Les fleurs éclairent votre cœur, votre esprit, vous pensez à l’oxygène que ça fait. Vous pensez à la floraison, vous pensez à la verdure qui vient avec le soleil, la chlorophylle. C’est magnifique, les fleurs » renchérit- il

« S’il y a des fleurs qui dégagent une odeur magnifique, d’autres par contre attirent des moustique et dérangeant » selon Wouda.

Dans cet univers des jardiniers de la corniche ouest de Mermoz, l’eau constitue un véritable casse- tête.  Le seul bassin de stockage d’eau alimenté à partir d’un groupe électrogène n’arrive pas à fournir correctement les plantes. En plus de cela, ces jardiniers demandent l’aide des pouvoirs public pour bénéficier des financements.

Malang Doudou MANE

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